Radhouane El Meddeb / chorégraphe
Philippe Adam / écrivain

A l’étroit

"A l’étroit", c’est le sentiment que quelque chose cloche, piétine, n’avance pas, et qu’on est de toute part empêché. On étouffe, on se sent mal à l’aise, on suppose qu’on serait mieux dehors plutôt que chez soi, sur ce banc plutôt que sur un autre, bref, on espère, et donc, comme d’habitude on ment. Les choses pourraient aller autrement, bien sûr, mais nous n’y croyons plus, la vie pourrait prendre de l’élan, mais l’énergie nous manque, se sentir "à l’étroit" étant la seule voie, le dernier recours d’un sentiment d’insatisfaction que Radhouane El Meddeb, chorégraphe, et Philippe Adam, écrivain, portent ici sur scène, accompagnés d’une musique entêtante de Fabrice Ravel-Chapuis.

Pour leur première rencontre, Radhouane El Meddeb et Philippe Adam ont pris le parti d’une certaine retenue, les corps évoluant discrètement, par petites touches, chacun suivant son mouvement et sa ponctuation propre à mesure que le texte déploie sa mélancolique cruauté.

Radhouane El Meddeb, chorégraphe

Après une formation à l’Institut Supérieur d’Art Dramatique de Tunis, il joue avec les pionniers du nouveau théâtre tunisien : Fadhel Jaîbi, Taoufik Jebali et Mohamed Driss. Puis en France avec Jacques Rosner, Lotfi Achour et Catherine Boskowitz. Au cinéma, il joue dans deux films de Férid Boughedir.

En 2005, Il crée sa compagnie et se met en scène dans Pour en finir avec MOI. Puis il crée pour Montpellier Danse Hûwà, Ce lui (2006) solo pour un interprète, pour les Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis Quelqu’un va danser… (2008) et conçoit une performance culinaire Je danse et vous en donne à bouffer (2008). En 2010, il poursuit son travail de création avec ce que nous sommes... pièce pour 5 danseurs et Chant d’amour inspiré par l’œuvre de Jean Genet.

Philippe Adam, écrivain

Après De beaux restes, son premier roman aux Éditions Verticales (2002), Philippe Adam a conçu un étrange pari littéraire avec La société des amis de Clémence Picot (2003) rendant hommage à l’héroïne du roman de Régis Jauffret, puis écrit Canal Tamagawa (2005) lors de sa résidence à la Villa Kujoyama à Kyoto, récit poétique autour du dernier suicide réussi de Dazai Osamu, livre édité en bilingue (franco-japonais) et accompagné de sa version musicale (opéra parlé de Fabrice Ravel Chapuis), avant Ton petit manège (Prix Renaissance de la Nouvelle 2009).

En 2010, Les centenaires est publié aux Éditions Verticales et Légumes verts aux éditions Le Bleu du Ciel.


Lumières : Maryse Gautier
Création musicale  : Fabrice Ravel-Chapuis

Coproduction : Commande du festival concordan(s)e 2011, avec le soutien des Permanences de la littérature, Bordeaux, Centre François Mauriac, Malagar et le Centquatre-Paris. Radhouane El Meddeb est artiste associé du Centquatre.

Edition 5 / 10 mars - 10 avril 2011

retour haut de page