Myriam Gourfink / chorégraphe
Eric Suchère / écrivain

Insensiblement

Des propositions abstraites évoquent, par incidence, des éléments naturels (pluie, fumées, phénomènes lumineux) ou des paysages artificiels. Ces propositions adviennent, se superposent, se mélangent. Des éléments de ces propositions sont anticipés ou remémorés dans des contextes différents par la voix du lecteur ou par son double enregistré et sont propulsés dans l’espace, se spatialisent en différentes configurations dans des trajectoires conjointes ou disjointes avec celles de la danseuse – conjonctions et disjonctions que les déplacements du lecteur sur scène manifestent.

Avec le soutien de La Muse en Circuit, Centre national de création musicale.

Myriam Gourfink

Les techniques respiratoires du yoga fondent la démarche de Myriam Gourfink. L’idée est de rechercher la nécessité intérieure qui mène au mouvement. Guidée par le souffle, l’organisation des appuis est extrêmement précise, la conscience de l’espace ténue. La danse se fait lente, épaisse, dans un temps continu. Grâce à ce qu‘elle subodore d’une situation dansée, nul besoin de se mouvoir pour ressentir la danse : Les sens et l’intellect la reconstituent sans avoir besoin de l’action. Ainsi, comme les musiciens, elle a développé une écriture symbolique pour composer l’univers géométrique et l’évolution poétique de la danse.
Ayant étudié la Labanotation avec Jacqueline Challet Haas, elle a entrepris à partir de ce système une recherche pour formaliser son propre langage de composition. Chaque chorégraphie invite l’interprète à être conscient de ses actes et de ce qui le traverse. Les partitions activent sa participation : il fait des choix, effectue des opérations, fait face à l’inattendu de l’écriture, à laquelle il répond instantanément. Pour certains projets, les partitions intègrent au sein de l’écriture, des dispositifs (informatisés) de perturbation et re-génération en temps réel, de la composition pré-écrite : le programme gère l’ensemble de la partition et génère des millions de possibilités de déroulements.
Figure de proue de la recherche chorégraphique en France, mais également invitée par de nombreux festivals internationaux Myriam Gourfink a été artiste en résidence à l’IRCAM, au Fresnoy et actuellement au Forum du Blanc-Mesnil. Elle a été directrice du Programme de recherche et de composition chorégraphiques à la Fondation Royaumont de 2008 à 2013.

Éric Suchère

Éric Suchère est poète, traducteur de poésie, critique d’art et enseigne l’histoire et la théorie des arts à l’École Supérieure d’art et design de Saint-Étienne. En tant que poète, il a publié L’Image différentielle (Voix éditions, 2001), Le Motif albertine (MeMo, 2002), Lent (Le Bleu du Ciel, 2003), Le Souvenir de Ponge (CIPm, 2004), Fixe, désole en hiver (Les Petits Matins, 2005), Résume antérieur (Le Mot et le Reste, 2008), Nulle part quelque (Argol, 2009) et Brusque (Argol, 2011). Son prochain livre, Variable, chez Argol en 2013.
En tant que traducteur, il a traduit seul ou en collaboration de nombreux poètes anglais, américains, italiens, néerlandais. Parmi eux, Jack Spicer (C’est mon vocabulaire qui m’a fait ça, Le Bleu du Ciel, 2006), Erik Lindner (Terrain, CIPm, 2007), Giuliano Mesa (Quatre cahiers impromptus, Action Poétique, 2010), Michael Palmer (Première figure, José Corti, 2011) et Hans Faverey (Poèmes, Théâtre Typographique, 2012).
En tant que critique d’art, il a collaboré à de nombreuses revues (Art press, Art in America, Beaux-arts magazine), a écrit de nombreux textes pour des catalogues monographiques et a publié deux livres sur Gérard Gasiorowski (L’Académie Worosis Kiga, Maeght éditeur, 1994 et Gasiorowski – Peinture – Fiction, FRAC Auvergne et le 19, 2012). Membre de l’AICA, il a fait également parti du comité d’achat du FRAC Auvergne (1996-1999 et 2011-2013) et du collège critique du Salon de Montrouge.


Résidence de création  :
Le Phare, centre chorégraphique national du Havre - Haute Normandie

Edition 8 / 6 mars - 8 avril 2014

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