Fabrice Lambert / chorégraphe
Gaëlle Obiegly / écrivain

L’incognito

Un homme et une femme dans un espace mais chacun dans son corps et dans chaque corps les organes. On entrevoit une présence. Est-ce qu’il y a quelqu’un ? Une personne ou un esprit. Un fantôme, peut-être. Une forme humaine sur laquelle se projettent des pensées, un corps auquel on prête des sensations, une animalité dont la subjectivité intrigue. La figure s’emploie à disparaître sous le regard d’une autre qui produit le récit de cette disparition.

Fabrice Lambert

Après une formation au CNDC d’Angers Fabrice Lambert fonde, avec Yuha-Pekka Marsalo, l’Expérience Harmaat en 1996. Il est ensuite interprète au sein du collectif Kubilaï Khan Investigations, et auprès de Carolyn Carlson, Catherine Diverrès, François Verret, Emmanuelle Huynh et Rachid Ouramdane.
Depuis 2000, Fabrice Lambert dirige seul l’Expérience Harmaat. Celle-ci se définit comme un lieu de croisements qui rassemble autour des projets du chorégraphe, des artistes de différentes disciplines (artistes plasticiens, vidéastes, musiciens ingénieurs…)
Chaque nouvelle création met en jeu un dispositif issu de l’une de ces rencontres. Pour Fabrice Lambert, le son, l’espace, la lumière… sont plus que des environnements où inscrire le mouvement. Ils en sont la matière même dans laquelle le geste jaillit.
Ces pièces ont été présentées en France et à l’Etranger, notamment : Théâtre de la Ville - Paris, Les Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis, le CDC Toulouse, le Festival de Marseille, le Centre National de la Danse, la Biennale de la danse de Lyon, La biennale de Venise, L’Agora de la danse – Montréal, Tanzquartier – Vienne...
Fabrice Lambert est actuellement en résidence longue au Centre National de la Danse – Pantin.

Gaëlle Obiegly

Gaëlle Obiégly est née à Chartres en 1971 et d’autres fois ailleurs. Elle a passé une enfance désagréable en Beauce, une adolescence communiste à St-Germain-en-Laye, une post adolescence appliquée (histoire de l’art) à Paris, une jeunesse désoeuvrée à New York, puis a recommencé à étudier (le russe), a exercé toute sorte de métiers ingrats, a vécu beaucoup la nuit (dehors) - avant de ne plus vouloir qu’écrire.
A présent, elle vit et travaille à Paris. Son premier roman, Petite figurine en biscuit qui tourne sur elle-même dans sa boîte à musique, fait le portrait d’une jeune femme dans une Russie littéraire (L’arpenteur-Gallimard - 2000). Elle publie aussi chez le même éditeur Le Vingt-et-un août (2002), Faune (2005), un étonnant bestiaire intime. Son roman, La Nature (L’arpenteur-Gallimard - 2007) aborde la question féminine avec perplexité : " Une femme est devenue objet, bonne, conquête, actrice, starlette, employée, intellectuelle, réceptionniste, ouvrière, religieuse, trotskiste, naturaliste, épouse, résistante, mère, veuve, enseignante après avoir été une enfant. Une femme se sent déchue parce qu’elle n’est plus l’incomparable. Qui l’a trahie ? La nature ? ". En 2011, elle propulse le lecteur dans un monde fantasmagorique, celui du Musée des valeurs sentimentales (Verticales), et en 2013 avec Mon prochain (Verticales) elle l’emporte dans une exploration du monde, vrai-faux reportage, carnet intime doublé d’un récit d’aventures. Ecrivaine lucide et talentueuse, Gaëlle Obiégly s’impose par son écriture précise et très personnelle.
Elle collabore occasionnellement à des revues, notamment aux Chroniques Purple.


Production : commande du festival concordan(s)e, en partenariat avec Pôle sud, CDC – Strasbourg.
Résidence de création : Pôle sud, CDC – Strasbourg, Villa Médicis – Rome, Bibliothèque Faidherbe – Paris, micadanses – Paris. CND – Pantin.

Edition 9 / 11 mars - 16 avril 2015

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