RENCONTRE ENTREE LIBRE SUR RESERVATION
ANIMEE PAR JEAN-MARC ADOLPHE directeur de la revue Mouvement
En collaboration avec la maison des écrivains et de la littérature
Avec Sylvain Prunenec, Mathieu Riboulet et Nicole Caligaris
⇒ Espace Khiasma | 15, rue Chassagnolle 93260 Les Lilas 01 43 60 69 72
Le Comptoir des Mots | 239, rue des Pyrénées 75020 PARIS | 01 47 97 65 40
Librairie Bonnes nouvelles | 3, Rue Dominique Villars 38000 Grenoble | 04 76 42 65 34
Avec l’aide à la résidence de la Région Rhône-Alpes
Le Pacifique, Centre de Développement Chorégraphique | 30, chemin des alpins 38 100 Grenoble | 04 76 46 33 88
Librairie L’Atelier | 2, bis rue du Jourdain 75020 Paris | 01 43 58 00 26
Soirée d’ouverture du festival L’ESCALE DU LIVRE DE BORDEAUX
avec le soutien de l’IDDAC
Le Cuvier, Centre de Développement Chorégraphique d’Aquitaine, Château Feydeau, Avenue Ile-de-France, 33370 Artigues-près-Bordeaux | 05 57 54 10 40
L’Atout Livre | 203 bis, avenue Daumesnil 75012 Paris | 01 43 43 82 27
"HOME"CLARA CORNILchorégrapheMYLENE LAUZONécrivain |
Une proposition pour deux voix et deux corps. 1ère partie
Comment je m'habite?
J’écoute ce qui m’anime : les flux de paroles, les soubresauts de langage, les ralentis et accélérés de pensées, les vibrations du corps, les états de silence… Cela touche l’intime, la voix, l’acheminement de la parole, le corps, la présence. Cela participe à la construction de l’individu, à l’incorporation de ses expériences, à l’aptitude ou pas à entrer et être dans sa vie.
Pour une première partie, nous souhaitons matérialiser de façon distincte la voix et le corps. Non dans une volonté de les séparer, mais plutôt pour leur donner pleinement place et les assembler différemment, pour faire entendre la voix et faire voir le corps dans des agencements autres. La voix de chacune des interprètes sera diffusée par un haut-parleur. La voix sera alors hors du corps et néanmoins issue du corps de chacune. Elle sera partenaire du corps et vice versa. Le corps sera également impliqué physiquement avec les haut-parleurs et câbles. Cette partie traitera du « chez moi » en tant qu'intériorité, espace de paroles, de pensées, d'imaginaires dont les logiques d'énonciations dépendent du lieu où le corps se trouve.
« PROGRAMMES »Une application du processus re|action ANNE VIGIER & FRANCK APERTET (les gens d’Uterpan)chorégraphes |
Dans la danse en particulier le texte écrit a une place ambiguë. Souvent prétexte, il décrit ce que le chorégraphe cherche à illustrer, à dire ou à transmettre. Certains le lisent d’autres pas, en tout cas il est le lien avec un travail qui lui est d’une nature autre. Le chorégraphe n’est pas toujours l’auteur de ce préambule, un programmateur, un journaliste, un autre artiste peut l’être. En acceptant cette étape de communication, d’annonce et de publicité de son spectacle, le chorégraphe constitue deux dimensions à son œuvre.
Le travail d’Annie Vigier et Franck Apertet (les gens d’Uterpan) interroge les normes qui régissent la danse et le spectacle vivant. Son action porte sur une prospection des limites du corps et de la représentation. Cette démarche conditionne de nouvelles réflexions concernant les modalités d’apparition, de production et de lecture de la danse en questionnant les places qu’occupent le spectateur et le chorégraphe dans ces processus.
« JE SUIS DESCENDU DU PLATEAU »SYLVAIN GROUDchorégrapheMAYLIS DE KERANGALécrivain |
Il s’agit d’une rencontre. Celle de Maylis de Kerangal qui découvre le langage chorégraphique de Sylvain Groud et qui souhaite confronter ces images à son écriture lors d’une lecture à Manosque. Sylvain Groud dévore le roman « Corniche Kennedy » de Maylis et reste marqué par la description chorégraphique de ses personnages.
Il s’agit d’un homme qui danse. Il s’agit d’un corps qui manifeste. Il s’agit d’un homme qui investit la scène et s’en affranchit pour occuper d’autres territoires, pour danser à l’air libre, dans la lumière, et toujours sous les regards des autres. Il est question de l’intériorité d’un homme qui s’extériorise.
« Descendre du plateau » est une notion fédératrice de ce projet.
Comment l’écriture peut-elle faire acte de la présence de ce danseur, dans un temps donné, dans un espace donné ? Quel langage pour quel corps ?
« JETES DEHORS »SYLVAIN PRUNENECchorégrapheMATHIEU RIBOULETécrivain |
On passe sa vie dehors, par contrainte plus souvent que par choix.
Au commencement est l’expulsion, et le souffle éperdu après lequel on court, l’espace de quelques secondes, dans un silence assourdissant.
Après quoi l’on est jeté dans des cours, bien mal nommées de récréation, où l’on est hors d’haleine parce que les choses y sont diverses, imprévues, dangereuses sans doute, un peu cruelles.
On se prend les pieds dans les tapis que les fantômes nous tissent longtemps avant d’être capables de les identifier et de composer avec les traces diaphanes, éphémères qu’ils nous laissent.
Si l’on n’est pas tombé la tête la première, ou si l’on s’est relevé, c’est pour mieux prendre l’élan et… rouler dans la poussière des arènes, laisser nos corps dans le tapis et rejoindre les fantômes dans les cintres des scènes, être hors de nous, enfin, sans l’entremise de la colère. Car nous n’avons de souffle que pour nous essouffler.
UNE RENCONTRE INFORMELLEDANIEL DOBBELSchorégrapheNICOLE CALIGARISécrivain |
Entre Nicole Caligaris et Daniel Dobbels, accompagnés d’Aurélie Berland, l’enjeu pourrait se formuler alors ainsi : inventer les conditions d’une rencontre informelle, entendant par là la plus secrète des exigences : que cette invention n’induise aucune prise d’otage, c’est-à-dire qu’elle ouvre sur une liberté inaliénable.
(…)Qu’est-ce que je regarde ?
Le corps est un volume, dans cet espace. Un volume animé. Un volume vivant.
Suis-je à l’intérieur ? suis-je à l’extérieur ?
À l’intérieur par l’esprit, à l’extérieur par le corps ?
Je suis à l’intérieur et à distance, en train de regarder, sans doute, mais aussi de respirer, de palpiter, d’avaler ma salive peut-être, de battre des paupières, de percevoir et le mouvement, et la métamorphose de l’espace avec mon corps.
Je suis à l’intérieur par un corps imaginaire que je projette dans celui de la danseuse qui devient comme le mien. (à suivre…) Nicole Caligaris
LAURA DE NERCYchorégrapheEMMANUELLE PAGANOécrivain |
Au sein du processus de création de «Toucher terre», pièce en solo, dernière étape d’une recherche sur la question du féminin et de l’intime, je choisis de rencontrer Emmanuelle Pagano, écrivain, après lecture de deux de ses romans que je reçois de manière très physique. Le corps est au centre de son propos, un corps subi, pesant, un corps en transformation et c’est ce qui me touche.
Laura de Nercy
C'est sans doute parce que je me préoccupe très peu de mon corps que j'écris à travers lui. Comment regarder une femme dont le corps même est une écriture ?
Où est mon corps quand j’écris ? Est-il posé ? Où se pose t-il ? J’écris assise.
Laura pose t-elle son corps quand elle danse ? Où le pose t-elle ?
Emmanuelle Pagano
MARIA DONATA D’URSOchorégrapheSOPHIE LOIZEAUécrivain |
Sur un écran-peau projeter les mots et par cet acte renouer avec le parchemin, la peau tannée, support premier de l’écriture. Comme la peau, l’écran est sensible, sujet aux vibrations, il tressaille, il palpite, il est capable de se distordre et d’épouser. Membrane entre intérieur et extérieur à nous.
Avec la peau s’explorent des qualités de présence. Des tissus élastiques, qui interagissent avec la lumière et la projection de mots et qui se déforment avec les mouvements de Donata, seront les éléments du dispositif ou les medium distincts se confondent et désorientent, comme des strates qui composent l’image des nos perceptions.
Vers et phrases de Sophie– vers dans la phrase et vers purs – ondulent sur la membrane pendante et mobile de l’écran. Le corps de Donata passe dans le texte lui-même, vient perturber la lecture. Aux mouvements du corps répond la plasticité du texte : sens et non-sens / lisibilité et trouble / tout et fragment